Résine de Boswellia…

Résine de Boswellia : de l’inflammation à la dépression

1

Compagnon de méditation, l’encens (ou oliban) apaise et son utilisation spirituelle est ancestrale. Mais des études récentes montrent que les vertus de la résine du boswellia, dont il est issu, ne sont pas que symboliques… En plus d’être un anti-inflammatoire naturel puissant bien connu (intestin, articulations) et un ami des poumons obstrués ou asthmatiques, l’ancestral encens pourrait être également antidépresseur.


L’or, l’encens et la myrrhe…. Dans la Bible, les Rois mages parcourent un long chemin depuis l’Orient pour déposer aux pieds de l’enfant Jésus des présents d’une grande valeur : l’or, car c’est un roi ; l’encens, car il est de nature divine ; la myrrhe, enfin, car il est mortel. L’encens, du latin incensum (« ce qui est brûlé »), est une résine aromatique naturelle qui se consume en dégageant une fumée odoriférante. On retrouve sa trace dans la plupart des grandes religions, où il joue un rôle symbolique important.

Plus précieux que l’or

Lla péninsule arabique, carrefour spirituel de l’humanité, se trouve être la région d’origine de l’encens. Son usage y est attesté quelque 3 000 ans avant notre ère. Dans l’Égypte voisine, il était employé pour les rites d’embaumement des défunts. Le corps, éviscéré, était garni d’encens afin de retarder sa décomposition et d’en prévenir l’odeur. Autour de 1800 avant notre ère, une route de l’encens reliait les rives de la Méditerranée, où les Romains en étaient friands, aux confins de l’Inde.

D’une plus grande valeur marchande que l’or, l’encens fut le plus important commerce du monde antique et médiéval.

Le sultanat d’Oman, point de départ des négoces antiques, reste aujourd’hui le premier consommateur, producteur et exportateur d’encens à travers le monde, avec plus de 2 000 tonnes vendues par an. Le pays est réputé pour produire une résine blanche en grains d’une grande pureté : hujari. La réserve naturelle du Dhofar, à la frontière yéménite, a été classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Elle abrite les fameux arbres à encens, ou Boswellia sacra, une espèce d’arbuste d’environ 5 mètres.   

Il existe plusieurs variétés sous ces latitudes : le Boswellia carterii en Somalie et au Yémen donne une résine de très bonne qualité. Le Boswellia serrata en Inde est moins parfumé. Deux fois par an, à l’automne et au printemps, on incise l’écorce pour laisser s’écouler la sève qui, durcie au contact de l’air, sera récoltée trois semaines plus tard. La liqueur semblable au lait devient une gomme, également appelée « oliban ».

Boswellia : un anti-inflammatoire naturel puissant

Traditionnellement utilisé en fumigations, il apaise les nausées, les indigestions, l’hypertension ou la toux. La médecine ayurvédique le nomme Salai guggul et l’emploie aussi contre l’acné, les infections fongiques et les furoncles. Redécouvertes tardivement, les propriétés purifiantes de la résine de boswellia sont encore méconnues du grand public, car peu exploitées en pharmacie et herboristerie.

Pourtant, depuis la fin des années 1990, des études mettent en évidence le pouvoir anti-inflammatoire du Boswellia serrata, originaire d’Inde. Les acides boswelliques agissent directement sur les molécules pro-inflammatoires, responsables de la douleur : les leucotriènes, causes également de dommages oxydatifs

Souplesse des articulations

Par une action inhibitrice ciblée, ces acides améliorent la circulation sanguine dans les vaisseaux et permettent un apport de sang dans les articulations et les tissus qui, mieux nourris et mieux drainés, contribuent à faire disparaître l’inflammation. En réduisant l’inflammation, l’extrait de boswellia réduit l’œdème, la douleur et la sensation de raideur matinale. Il redonne flexibilité et mobilité articulaire. Il est ainsi particulièrement efficace contre l’arthrose et la polyarthrite rhumatoïde.

Il permet la réduction significative des médicaments allopathiques et, dans un certain nombre de cas, il va jusqu’à les remplacer totalement. Cela est d’autant plus probant quand l’extrait de boswellia est pris régulièrement, en traitement de fond plutôt qu’en cas de crises. Associé au curcuma, un autre anti-inflammatoire naturel de la pharmacopée ayurvédique, il favorise la circulation et sera très efficace sur l’arthrite du genou.

Asthme : un traitement naturel prometteur

Les acides boswelliques étant antispasmodiques, des chercheurs ont eu l’idée d’étudier les propriétés du boswellia dans les pathologies respiratoires telles que l’asthme. Au cours d’un essai clinique mené par l’équipe du Dr Gupta de la faculté de médecine de Los Angeles, les chercheurs ont constaté une nette amélioration des symptômes chez les patients asthmatiques. Les trois quarts d’entre eux ont vu disparaître ce que l’on appelle « le ronchi », le râle caractéristique de la difficulté à respirer lors d’une crise. Le volume respiratoire s’est nettement amélioré, le nombre de crises s’est espacé dans le temps et leur intensité a diminué de façon significative. Après six semaines d’un traitement aux acides boswelliques, la rémission de l’asthme a été constatée pour 70 % des patients, dont aucun n’a reçu d’autre traitement médical.

Allié de l’appareil respiratoire, le boswellia pourra aussi représenter une solution dans les cas de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Cette maladie, causée surtout par le tabagisme, provoque une obstruction progressive et irréversible des voies aériennes et des poumons. Le boswellia diminue sensiblement ces troubles, en améliorant le niveau d’essoufflement et la gêne respiratoire, à condition de prendre des doses continues de six fois, 300 mg par jour.

Intestins soulagés

l’extrait de résine de Boswellia serrata a des effets positifs dans le traitement des inflammations chroniques de la muqueuse intestinale : syndrome du côlon irritable, maladie de Crohn, colite ulcéreuse… Des maladies qui pourraient même figurer en tête de liste de son champ d’action, tant il est efficace sur les systèmes digestifs lésés et enflammés, sans les effets secondaires de certains AINS (anti-inflammatoire non stéroïdien). En effet, sa prise, même prolongée, est sans toxicité, ce qui permet de préserver la muqueuse gastrique d’éventuels ulcères. Il est conseillé de faire une cure d’au moins 21 à 45 jours de boswellia avant d’y d’ajouter des prébiotiques ou des probiotiques.

Notons enfin les bienfaits du Boswellia carterii, sa cousine de Somalie, elle aussi très utile pour apaiser les inflammations chroniques grâce à sa concentration en sesquiterpènes, qui agissent comme des boucliers protecteurs. En usage externe, son huile essentielle s’utilisera diluée dans une huile végétale, en massage de l’articulation douloureuse. En combinaison avec l’huile végétale de calophylle, elle agira également sur la douleur du zona. 

Recommandation : l‘extrait de résine de boswellia se présente sous la forme de gélules de 300 mg, à prendre deux à trois fois par jour avant les repas. Privilégier les comprimés composés au minimum de 70 % d’acides boswelliques. Compter deux à quatre semaines pour observer les premiers bienfaits.

 

Un éclairage encore récent et qui reste à explorer, mais qui donne une autre dimension à l’encens, dont l’usage a persisté à travers les époques et les cultures, non sans raison. Dans les traditions spirituelles, plus qu’un accessoire esthétique, l’encensement aide à accéder à d’autres niveaux de conscience. L’élévation des volutes de fumée symbolise les prières montant vers le ciel. Elles représentent un lien entre la matière terrestre et les plans subtils, rappelant la non-réalité de tous les phénomènes. Propice à l’abandon du mental et à la transcendance, ce qui est brûlé est transformé.

On retrouve la valeur universelle de la fumée comme connexion au divin dans les plus anciennes civilisations. Des Mayas aux bouddhistes, l’incandescence semble apaiser les feux de l’âme. Ironie de l’histoire : la solution à nos angoisses était peut-être là depuis toujours… sous notre nez.

 

0 comments on “Résine de Boswellia…Add yours →

Laisser un commentaire